Le concept et son développement
En avril 1942, Harry Hopkins (représentant le Président Roosevelt), accompagné du Général Marshall, annonça sa venue à Londres en vue d’une réunion avec le Comité de Défense Britannique (présidé par Churchill). Dans l’esprit d’un précédent accord, celui-ci fut conclu : écrasons d’abord l’Allemagne avec le soutien des Américains en envahissant dans un premier temps l’Europe avant de nous tourner vers Tokyo.
Deux accords se retrouvèrent ainsi sur la table :
- Le plan principal d’invasion du continent devrait être au plus tard monté avant septembre 1943. Ce plan, du nom de « Roundup » (plus tard renommé Overlord) sera lancé à travers le Channel en direction du Nord de la France.
- L’opération « Sledgehammer », devant prendre place avant septembre 1942, aura pour mission de capturer une zone dans le Cotentin ou en Bretagne et de la défendre jusqu’à ce que l’invasion principale ait lieu.
Le second accord, bien que très difficile à être mis en œuvre et réaliste, se retrouva néanmoins fort intéressant.
C’est dans cette atmosphère qu’une réunion réunissant les principaux dirigeants des forces spéciales anglaises (SOE, Combined Operations, Staff Home Force, …) se tint en mai de la même année.
La tâche d’étudier la France et le meilleur moyen de s’y battre incomba à deux officiers du SOE : Robin Brook et Peter Wilkinson. Connaissant déjà le terrain, ils conçurent l’idée suivante :
"As and when the invasion commences, SOE will drop additional small teams of French-speaking personnel carrying arms for some forty men each. The role of these teams will be to make contact with local authorities or existing SOE organisations, to distribute the arms, to start off the action of the patriots, and most particularly, to arrange by W/T communication the dropping points and reception committees for further arms and equipment on the normal SOE system. Each team will consist of one British officer, one W/T operator with set and possibly one guide."
"At first sight, on the information at present available, it would seem that the first flight of teams should be dropped at the time of the invasion up to the extreme limit of the intended bridgehead with others extending on the right flank into Brittany. This latter area appears to be a special task which requires separate consideration."
"In the later phases of the operations, further teams will be dropped ahead of our advancing troops to act in a similar manner ..."
L’opération Sledgehammer en elle-même changea de localization et de denomination : elle prit lieu en Afrique du Nord sous le nom de Torch.
Les discussions à propos de l’idée Jedburgh mirent en place de nombreux éléments, le plus important étant la création d’une agence américaine semblable au SOE : l’OSS. Le Colonel William « Wild Bill » Donovan en devint le premier directeur. L’opération Jedburgh intégrerait désormais des américains dans son fonctionnement.
En juillet, l’idée Jedburgh était déjà tellement avancée et travaillée que les premières équipes formées ont pu prendre part à l’opération Torch.
Comme la proposition le mentionnait, des équipes de 3 hommes appelés « Jedburghs » seront parachutés en France pour organiser la résistance, harasser les mouvements ennemis, et empêcher le mouvement de plusieurs divisions allemandes vers l’Afrique du Nord. La question latente de la réaction de Vichy face à l’invasion de l’Algérie fit que l’idée fût vite abandonnée.
En février 1943, une opération simulée pour l’entrainement vit le jour sur le territoire Britannique : l’opération Spartan. Le SOE obtint la permission d’y inclure des équipes Jedburghs afin d’effectuer un test opérationel.
11 équipes furent ainsi infiltrées à « la zone des combats » avec un équipement complet et des radios. Chacune avait une tâche bien particulière : radio communication et sabotage.
L’opération Jedburgh se solda par un immense succès, et l’étude des résultats obtenus contribua à la structure finale et au fonctionnement des équipes Jedburghs.
Personnel
Les équipes se composeront de 2 officiers : un Anglais ou un Américain, un officier de la nationalité de la zone d’opération, un opérateur radio.
Fonctionnement
a. La fonction principale de chaque équipe sera d’entrer en contact avec la résistance local, de les plier aux ordres du High Command et de les convertir en groupes de résistance locale
b. Leur parachutage s’effectuera à l’arrière des lignes ennemies, dans des zones tenues par la résistance. La tâche une fois sur place sera d’instruire, d’organiser et d’équiper celle-ci et dans d’en assurer le leadership si nécessaire.
Liaison
En vue d’obtenir un avantage stratégique grâce aux activités Jedburghs, les équipes Jeds seront en contact constant avec le QG des armées ou groupe d’armées.
Les équipes seront parachutées avec leur uniforme national. L’espionnage ne fera pas partie de leurs fonctions.
Le SOE souhaite garder le contrôle des opérations, mais, pour se faire, des Jedburghs de l’OSS devront passer sous son control direct.
Donovan ne voyant pas les choses du même œil, un compromis fût vite trouvé : le SO (Special Operations branch of the OSS) et le SOE mèneront conjointement un ensemble d’opérations. La branche Jedburgh sera donc désormais sous commandement américano-britannique. Ce dernier aura en charge tout les aspects de l’entrainement et du déploiement tactique des Jeds.
Parallèlement, le SOE conduira seul le recrutement et l’assemblage des équipes.
Ce qui se passa réellement, c’est que les Jedburghs ne furent déployé avant avril 1944. Quelques semaines plus tard, le SOE/SO fût renommé SFHQ.
La section Jedburgh sera alors dirigée comme suit :
DR/Jed Lt. Col. DLG Carleton-Smith (British)
DR/Jed.1. Major (later Lt. Col.) HB Coxe (US)
DR/Jed.3. Major VJA Horton (British)
DR/Jed.4. Captain JW Jaycox (US)
DR/Jed.5. Major FL Young (British)
DR/Jed.6. Captain FJ Coolidge (US)
DR/Jed.7. Captain J Verneuil (French)
DR/Jed.8. Lieutenant AV Wastin (French)
DR/Jed. AQ. Captain HEP Buck (FANY) (British)
Cette égalité se fit vite ressentir chez les hommes : en effet, dès lors, les Britanniques et français avaient accès aux rations américaines et les Américains aux rations anglaises.
On servait du vin Algérien aux diners, le petit-déjeuner était un agréable mélange de jus de fruits, de beurre de cacahuètes, de café et crèpes chaudes, de marmelades, de gauffres, …Chaque Jed portait ses bottes de saut américaines et sa carabine usm1a1.
Mais une question plus important se faisant sentir, combien de Jedburghs devraient être utilisés et où les trouver ? Où les entrainer ? …
Une réponse fût vite donnée par le SOE :
"Little further was done until the Summer of 1943 when plans were drawn up for the establishment of a special training school to handle some 300 students, 200 of them liaison officers and 100 wireless operators, constituting 100 complete teams. The students were to be mainly British, American and French with a small number of Belgian and Dutch officers. Some difficulty was experienced in finding a suitable site for the training but, eventually, in December 1943, Milton Hall, Peterborough, Northants was requisitioned, and given the number of ME65 - (the STS nomenclature was avoided for security reasons as also to avoid difficulties for Jedburghs who might fall into enemy hands). A war establishment for ME65 was drawn up which allowed for a total staff of 236 under the command of a lieutenant colonel, who had an instructional staff of six majors, twenty-two captains or subalterns and twenty-seven NCO's"
En plus des 300 Jeds, un personnel composé de 300 officiers, hommes de troupe et FANY seront engagés pour servir en tant que liaison avec les différents états-majors.
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Max "FearDark"
SPECIAL FORCES REENACTORS - Oui, la ruse est finaude !
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