En 1942, Raymond Casas a 16 ans quand il entre à l’école professionnelle d’Air-Équipement. L’usine est alors sous contrôle allemand.
Le bureau des méthodes dans les années quarante.Seconde Guerre mondiale : Blois est en zone occupée. Charles Waseige, directeur d’Air-Équipement, est contraint de mettre son entreprise au service des Allemands. « L’usine travaillait pour la Luftwaffe et toute fabrication française était interdite. Toutefois, l’étude était tolérée. Mais les deux officiers allemands qui étaient chargés de contrôler le bureau d’études n’y connaissaient absolument rien. Des planqués ! Quand ils avaient des données de contrôle à calculer, ils étaient obligés de faire appel à Georges Zaretzki, chef du bureau d’études français, juif de surcroît ! » Ces deux officiers déserteront en août 1944, en allant à Paris prendre des ordres à la Kommandantur.
La Marseillaise dans l’usine. Le 11 novembre 1943, une grève insurrectionnelle, dirigée contre l’Occupant, rassemble 200 ouvriers qui hissent le drapeau français et chantent la Marseillaise. « La Gestapo est arrivée très rapidement dans l’allée centrale et a demandé qui étaient les chefs de cette révolte. La maîtrise s’est avancée en disant “ c’est nous ”. Il a fallu négocier avec les deux contrôleurs allemands pour obtenir la libération de nos encadrants. »
De l’huile contre du beurre. L’huile de machines, sortie en douce de l’usine par les ouvriers – et donc volée aux Allemands – faisait le bonheur des paysans qui en manquaient. « En échange, ils nous donnaient du beurre et de la volaille ! »
Sabotages. Nombreux sont les ouvriers qui ont fait preuve de résistance en sabotant la production de pièces de trains d’atterrissage et de démarreurs. « On a saboté des transformateurs aussi. Cela a freiné la production quelque temps. Mais il fallait faire très attention. On risquait gros. De même pour la distribution de la presse clandestine et de tracts. »
Résistants. Dix résistants d’Air-Équipement seront soit fusillés, tués, ou déportés. Deux d’entre eux ont donné leur nom à une rue de Blois : Auguste Lebon et Bernard Mazille, tous les deux tués lors d’une mission. Bernard Mazille n’avait que 17 ans.
Cor. NR : Monique Cabourg
la Nouvelle République
SOURCE :
http://www.blois.maville.com/actu/actudet_-Air-equipement-une-greve-contre-l%E2%80%99occupant-nazi-_loc-853293_actu.HtmPS :
Par la suite Raymond Casas s'engagera dans les FTP du Loir & Cher.
Il est l'un des créateurs du Musée de la Résistance de Blois & il a écrit des ouvrages notamment sur la Résistance du Loir & Cher.