Se constituer une tenue US Airborne WWII…
Avant même de commencer à investir dans une tenue et un équipement de parachutiste, il est impératif de déterminer l’unité que l’on souhaite représenter (division, régiment et bataillon), ainsi que la période.
Par la suite, l’interrogation devra porter sur le grade et la spécialité éventuelle du soldat que l’on va reconstituer.
Ces choix auront une incidence sur le type de tenue à acheter, sur les patchs, sur l’équipement en général, mais aussi sur l’armement.
Plus globalement, l’important dans la reconstitution étant de rester crédible (entre autre par respect des vétérans), l’age et la condition physique doivent entrer en compte.
Par exemple, un capitaine de la 101ème de 16 ans sera aussi peu crédible qu’un sergent de la 82nd de 55 ans. Les parachutistes étaient (et sont toujours) des unités dites d’élite. L’entraînement intensif qu’ils suivent font d’eux des sportifs avertis sans embonpoint.
Sans vouloir partir dans une ségrégation basée sur le physique ou l’age, ces deux notions restent visuellement importantes.
A titre d'exemple, la moyenne d'age des para au combat était de 34 ans (moyenne sur la totalité du conflit).
Classiquement, pour les reconstitueurs Para US on distingue 4 grandes catégories :
La Provence : tenue M42 non renforcée camouflée.
La Normandie : tenue M42 renforcée.
Les Ardennes : tenue M43 avec équipement hiver.
La Belgique, la Hollande et l’Allemagne : tenue M43.
Il s’agit bien entendu de la grande majorité des tenues. Nous ne nous attachons pas ici à aborder la question des tenues spécifiques comme pouvaient avoir, par exemple, les Jedburgh.
Bien entendu, toujours dans un esprit de rigueur historique et uniformologique, se documenter sur la période et l’unité est un plus non négligeable. Reconstituer un Para est une chose, être en plus capable de parler avec passion du soldat et de l’unité que l’on représente en est une autre.
Par ailleurs, disposer d’une telle bibliographie vous aidera grandement dans l’identification des différents équipements et d’éviter certaines erreurs (et oui, Band Of Brothers n’est pas LA bible, pas plus que Le Jour Le Plus Long ou Saving Private Ryan… = il n’y a pas de secrets, lire et accéder à des photos d’époque est encore la meilleure façon de se renseigner).
Niveau équipement, inutile de vouloir absolument jouer au « musée ambulant ». Par exemple, porter une MaeWest, des A straps et une mentonnière c’est bien pour reconstituer un embarquement dans un C47 ou la suite d’un largage, mais je mets au défit quiconque de me sortir des photos de la Bataille de Normandie sur laquelle figurent des para avec l’ensemble de cet équipement encombrant et inutile au combat.
Idem, la mine Hawkins à la cheville c'est bien pour le saut, mais sachez que la vraie pesait 3kg : essayez de courir avec une Thompson à la cheville...
L’équipement individuel dépendait de la spécialité de chacun et une répartition était faite au sein de chaque squad afin de disposer d’un équipement exhaustif (c’est le cas des outils individuels car chaque para n’avait pas sur lui la pelle + la pince coupante + la hache, ces outils étaient répartis). En gros, étudiez la composition d’un squad et adaptez votre équipement, non pas en fonction de vos envies, mais en fonction de l’équipement réglementaire de l’époque (ce qui n’empêche pas une petite touche d’originalité discrète et vraisemblable, mais ne tombez pas dans l’exception…).
Dés que ces choix sont fait, le second travail est d’identifier les vendeurs de tenues et de matériels, qu’ils s’agissent de professionnels ou de particuliers.
A ce niveau là on trouve de tout, notamment sur Internet. Pour autant, certaines boutiques se spécialisent dans les Troupes Aéroportées US et se constituer une tenue « de base » devient de plus en plus abordable financièrement parlant.
On trouve de très belles copies, conformes aux pièces originales pour beaucoup moins cher. Mais on trouve aussi énormément de "n'importe quoi". Des couleurs et des formes trés approximatives, des qualités douteuses...
Inversement, sur du « petit » équipement, les copies sont souvent aussi coûteuses, si ce n’est plus, que les originales.
Il est donc important de se renseigner, de bien identifier l’objet à acheter et de faire une étude de prix entre la copie et l’originale, ainsi qu’entre les différents vendeurs.
Concernant l’armement, il est bon de rappeler que l’arme de dotation la plus répandue était le M1 Garand. Une colonne entière de Thompson, Grease Gun, USM1 A1 et tout le monde avec un Colt dans un holster de poitrine, ça n’existait pas !
Là encore, renseignez vous sur l’organisation d’un squad et adaptez vous une fois de plus, non pas en fonction de vos envies, mais en fonction des dotations réglementaires et de la réalité historique.
D’un point de vue général, lorsque l’on fait de la reconstitution, que ce soit au sein d’un groupe ou à titre individuel, l’objectif est de pouvoir former un groupe homogène et réaliste lors des rassemblements ou autres sorties privées.
Si « se faire plaisir » est important lorsque l’on pratique, avec passion, une activité de ce genre, il ne faut pas perdre de vue la notion de respect et de devoir de mémoire. Et ceci se renforce par le fait que notre activité est visible et observée par des spectateurs, des vétérans, les pouvoirs publics…
_________________
Jeff "Telly Savalas"
RED DEVILS - DIABLO !
AIRBORNE COMMAND
PATHFINDER JUMP GROUP
The Earth is 78% water.. The rest is just a drop zone !